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Territoires – Hauts-de-France : un plan Cheval Territorial pour valoriser le territoire, le Boulonnais et le Trait du Nord

À une époque où les politiques publiques cherchent à concilier transition écologique, dynamisme rural et sauvegarde des patrimoines vivants, la Région Hauts-de-France lance pour 2026 un appel à projets ambitieux : Cheval Territorial 2026. Cette initiative vise à soutenir deux races de chevaux de trait qui font partie du patrimoine équin régional : le Boulonnais et le Trait du Nord.

En Hauts-de-France, le cheval de trait reprend du service

Il fut longtemps l’âme laborieuse des campagnes du Nord. Silhouette massive dans la brume, le cheval de trait tirait les charrues, les tombereaux, les péniches parfois. Puis la mécanisation l’a relégué au rang d’icône patrimoniale. Aujourd’hui, la Région Hauts-de-France entend lui redonner un rôle actif dans la cité. Avec l’appel à projets « Cheval Territorial en Hauts-de-France », lancé dans le cadre du Plan de sauvegarde et de valorisation du Boulonnais et du Trait du Nord, le cheval de trait redevient un acteur de service public.

Un plan pour transformer l’héritage en avenir

Adopté dans le cadre du Plan Régional Filière Équine, doté d’un budget prévisionnel de 6,15 millions d’euros sur la période 2023-2026, le programme régional repose sur cinq leviers : gouvernance, image, emploi et formation, élevage, transition énergétique. L’appel à projets « Cheval Territorial » s’inscrit pleinement dans cette stratégie. Il en constitue même l’un des instruments les plus visibles : faire émerger de nouveaux débouchés économiques pour les races de trait, tout en respectant le bien-être animal et en restaurant leur image.

L’enjeu est de sortir ces chevaux d’une logique strictement patrimoniale pour les replacer au cœur des dynamiques territoriales. Transport touristique en calèche, ramassage scolaire, collecte de déchets, entretien d’espaces naturels sensibles, débardage forestier, nettoyage des plages, médiation sociale ou accompagnement du handicap… Les champs d’intervention autorisés dessinent une cartographie concrète de services rendus à la collectivité.

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Photo : Syndicat Hippique Boulonnais

Du symbole au service public

Ce retour du cheval de trait dans l’espace public ne relève pas de la nostalgie. Il répond à des préoccupations très contemporaines : réduction des émissions, sobriété énergétique, relocalisation des services, ancrage social. À l’heure où les collectivités cherchent des solutions bas carbone et visibles par les citoyens, la traction animale retrouve une pertinence technique et environnementale.

Les projets devront cependant faire la preuve de leur solidité. La sélection repose sur une grille exigeante, notée sur 200 points, évaluant la faisabilité technique et réglementaire, l’aptitude des chevaux, la qualité environnementale et sociale du projet, sa viabilité économique à cinq ans, mais aussi son caractère innovant et reproductible. Les labels qualité de la filière équine – comme France Énergie Animale, Qualit’Équidés ou EquuRes – peuvent même bonifier la note.

L’objectif affiché dépasse la simple expérimentation. La Région souhaite voir émerger des modèles d’activité viables, structurants pour la filière, capables de générer de l’emploi, de la formation, de l’accompagnement technique et de l’investissement matériel. Les dépenses éligibles couvrent aussi bien le fonctionnement (salaires, soins, location de chevaux) que l’investissement (achat d’animaux, matériel de traction, véhicules hippomobiles), avec un plafond annuel de 10 000 euros en fonctionnement et 10 000 euros en investissement, selon un taux d’intervention dégressif sur trois ans.

Un maillage territorial assumé

Les bénéficiaires potentiels traduisent l’ambition territoriale du dispositif : communes, intercommunalités, établissements publics, structures médico-sociales, entreprises de l’économie sociale et solidaire, associations à vocation éducative ou touristique. À condition que les chevaux soient stationnés en région et inscrits au stud-book de l’une des deux races concernées.

Le dispositif encourage également une phase d’étude préalable et d’expérimentation, invitant les collectivités à associer leurs habitants en amont : réunions publiques, enquêtes, constitution de collectifs bénévoles. Le cheval territorial n’est pas pensé comme un simple outil logistique, mais comme un projet partagé, créateur de lien entre ville et campagne, entre services publics et citoyens.

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Photo : Syndicat Hippique Boulonnais

Une filière à consolider

Derrière l’appel à projets se dessine une stratégie de sauvegarde. Les effectifs du Boulonnais et du Trait du Nord, races emblématiques mais fragilisées, nécessitent des débouchés économiques pour assurer leur pérennité. L’élevage ne peut survivre sans usage. En soutenant la demande territoriale, la Région agit indirectement sur la production, la montée en qualité et la structuration de la filière.

Les projets seront retenus par ordre de notation décroissante, dans la limite de l’enveloppe disponible, après validation par la Commission Permanente régionale. Les porteurs ont jusqu’au 15 mai pour déposer un dossier complet auprès du Pôle Équilibre des territoires à Lille.

Au-delà des chiffres et des critères administratifs, l’appel à projets « Cheval Territorial en Hauts-de-France » raconte une autre histoire : celle d’un territoire qui choisit de conjuguer tradition et innovation. Le cheval de trait n’y est plus seulement un vestige rural. Il devient un partenaire de transition, un médiateur social, un outil écologique. Un patrimoine vivant, remis au travail et au goût du jour.

Plan de sauvegarde et de valorisation du cheval Boulonnais et du Trait du Nord 2026 – Cadre d’intervention de l’appel à projet « Cheval Territorial en Hauts-de-France » 1er janvier 2026 au 15 juin 2026 – AAP

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