Territoires – Pourquoi Royan met en vente le centre équestre du Maine-Gaudin
La Ville de Royan a officiellement lancé la mise en vente du centre équestre du Maine-Gaudin, situé à Saint-Palais-sur-Mer (17). Cette infrastructure emblématique, gérée depuis 2015 par Jacques Couderc, combine prestige sportif et coûts élevés pour la collectivité. La décision d’ouvrir sa vente soulève des questions sur l’avenir de ce site et son rôle dans le territoire.
Un centre équestre prestigieux mais coûteux
Le centre équestre du Maine-Gaudin s’étend sur environ 17 hectares et comprend 125 boxes en dur, plusieurs carrières dont une destinée aux concours internationaux, un manège couvert et un club-house avec restaurant. Il accueille à la fois des cavaliers de loisirs et des compétitions internationales de saut d’obstacles, contribuant à l’attractivité sportive et touristique du territoire.
Pour la ville de Royan, le bilan financier reste toutefois délicat. Depuis la délégation de gestion confiée à Jacques Couderc en 2015, la municipalité perçoit des loyers et un intéressement sur le chiffre d’affaires, mais ces revenus ne couvrent pas tous les coûts d’entretien et les travaux nécessaires. Les infrastructures ont généré des dépenses importantes, et des investissements supplémentaires sont à prévoir pour garantir la sécurité et le fonctionnement optimal du site.
La décision de vendre : un choix mûrement réfléchi
La mise en vente du centre a été validée lors d’une réunion plénière du conseil municipal. Selon Patrick Marengo, maire de Royan, deux tiers des élus ont soutenu cette option, constatant que le site représente un coût difficilement soutenable pour la collectivité. Avant toute cession, le bien devra être transféré du domaine public communal au domaine privé, et la ville devra déterminer la forme exacte de la vente.

Le rôle du gestionnaire actuel
Jacques Couderc exploite le centre depuis 2015, aux côtés de son épouse. Avant cette date, la Ville assumait la quasi-totalité des coûts d’entretien et d’investissement. Aujourd’hui, le couple paie un loyer et assure la gestion quotidienne du site. Pour le gestionnaire, le centre reste un équipement essentiel pour la pratique équestre locale et l’organisation de compétitions de haut niveau, mais il souligne que la ville ne souhaite pas réaliser de nouveaux investissements.
« La structure coûte de l’argent à la commune et nous avons besoin de rénovation, d’investissements nouveaux qu’elle ne souhaite pas faire. C’est compréhensible. Mais l’idéal serait de continuer avec une collectivité qui souhaite développer cet équipement sportif. »

Un centre stratégique pour le territoire
Le centre contribue à l’économie locale et au tourisme équestre, en accueillant des licenciés locaux, des propriétaires de chevaux et des visiteurs venus pour les compétitions internationales. Les retombées économiques se traduisent également par des nuitées d’hôtels, la fréquentation des restaurants et des commerces locaux, ainsi que par la création d’emplois directs et indirects liés aux activités équestres. La Communauté d’Agglomération Royan Atlantique (CARA) suit également le dossier, en étudiant les différentes options pour la reprise ou le développement futur du site.
Quel avenir pour le centre équestre duMaine-Gaudin ?
Avec la mise en vente, la ville de Royan espère trouver un acquéreur capable d’assurer la pérennité du centre tout en limitant le coût pour la collectivité. Patrick Marengo se montre confiant quant à l’intérêt potentiel des candidats : il souligne que la meilleure offre sera retenue pour garantir la continuité des activités et le maintien de la réputation sportive et touristique du site.
Pour les acteurs locaux, cette vente constitue un défi mais aussi une opportunité : celle de repenser le centre, d’investir dans la modernisation des installations, et de développer des partenariats avec des structures privées ou associatives afin de renforcer son rayonnement régional et international. Le Maine-Gaudin entre donc dans une nouvelle phase, où son avenir dépendra de la capacité des futurs acteurs à conjuguer gestion financière et passion équestre.
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