Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Comment France Galop poursuit sa course marketing du grand public au cœur de Paris

Le 6 septembre, la place de la Concorde appartenait aux chevaux : pour la première fois, France Galop a installé un véritable village hippique en plein cœur de la capitale à l’occasion de l’événement « Les Chevaux dans la Ville ». Objectif affiché : rapprocher la course des citadins, abattre les barrières culturelles et susciter des vocations. Décryptage au cœur de l’événement.

Chevaux et animations équestres place de la Concorde à Paris lors de l’événement France Galop Chevaux dans la Ville | Pégase Daily

Une stratégie “hors les murs” pour renouveler l’audience

France Galop assume clairement le pari : sortir des hippodromes pour aller à la rencontre d’un public qui ne fréquente pas (ou peu) les enceintes de courses. Dans son communiqué, l’organisateur souligne que ce type d’expérimentation vise à « attirer de nouveaux publics à travers des expériences immersives autour des courses ».

Cette stratégie vient appuyer une dynamique déjà enclenchée. Au cours de la saison, les cinq grands hippodromes (Auteuil, Chantilly, Deauville-La Touques, Paris-Longchamp et Saint‑Cloud) ont enregistré une hausse d’environ 11 % de fréquentation à mi‑saison, dépassant les 200 000 visiteurs cumulés. À un mois de l’emblématique rendez-vous du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, le projet « Les Chevaux dans la Ville » complète cette dynamique par une démarche de pédagogie et de proximité directe.

Le soutien institutionnel répond présent. L’opération est validée par la Mairie de Paris et le Ministère de l’Agriculture, dans un contexte où s’annonce le « Pacte PMU 2030 », visant notamment à réformer le modèle du PMU et redonner de l’autonomie à la filière.

Plus de 35 000 visiteurs : un succès au-delà des prévisions

France Galop rapporte un total de 35 000 visiteurs sur les deux jours d’événement.

Au-delà du chiffre, l’ambiance témoignait d’un mélange intergénérationnel jeunes, familles, promeneurs, rassemblés autour des chevaux, animations, démonstrations et découvertes.

france galop les chevaux dans la ville paris

La pédagogie au cœur du dispositif

Éduquer, expliquer, démystifier les courses hippiques en plein cœur de Paris, place de la Concorde. Historiquement, la place fut pensée dès le XVIIIᵉ siècle pour accueillir une statue équestre de Louis XV, symbole royal de puissance et de prestige. Même si cette statue a disparu à la Révolution, le cheval reste profondément lié à l’histoire et à l’identité de ce lieu monumental.

Avec cette opération d’envergure, France Galop a voulu que chacun puisse toucher du doigt ce qui fait la richesse de la filière.

Parmi les temps forts, nous retrouvions :

  • Un rond de présentation géant, avec parades de chevaux et jockeys toutes les heures, pour immerger le public dans l’ambiance d’un hippodrome. 
  • Des initiations à la monte jockey et au sulky, des démonstrations équestres, des espaces ludiques pour les enfants, des animations créatives, des manèges ou courses de PonyCycle
  • Des interventions et rencontres avec des professionnels (vétérinaires, jockeys, éleveurs) pour expliquer les métiers, les enjeux, les défis de la filière. 
  • La mise en valeur des chevaux reconvertis par l’association Au-delà des Pistes, montrant qu’après la compétition, un avenir est possible dans d’autres disciplines ou rôles.
  • La diffusion de temps forts hippiques sur écrans géants, afin d’ancrer l’événement dans la continuité des grandes courses.
  • Un DJ set les soirs, pour donner un ton festif et convivial, proche des codes événementiels urbains

Cette approche « sport et divertissement » a créé des points de contact avec le public, pour que l’intérêt ne reste pas passif mais invite à franchir la porte des hippodromes.

Chevaux et animations équestres place de la Concorde à Paris lors de l’événement France Galop Chevaux dans la Ville | Pégase Daily

Mais pour beaucoup de visiteurs, c’était surtout une première confrontation avec le monde des courses, et certains regards trahissaient une vraie curiosité, parfois teintée d’incompréhension. Dans le public, on pouvait entendre des questions :

“Pourquoi les chevaux ont-ils de la mousse autour de la bouche ?”
“Est-ce qu’ils sont stressés ?”
“À quoi sert le mors ?”

Autant de remarques spontanées qui montrent qu’un effort de pédagogie est nécessaire, pour lever les doutes, expliquer les pratiques, et permettre au grand public d’entrer dans l’univers des courses sans jugement ni confusion.

Des animations et médiateurs étaient d’ailleurs mobilisés pour faire ce travail d’explication, de manière ludique et accessible. En mettant en scène les chevaux, les équipements et les hommes de la filière, l’événement a joué un rôle clé dans la transmission des savoirs, condition essentielle pour bâtir une nouvelle audience, plus informée et engagée. Et surtout… former de futurs parieurs.

L’AFASEC à l’honneur : promouvoir la formation “cheval-course”

Parmi les acteurs mobilisés, il est essentiel de souligner la présence de l’AFASEC (Association de Formation et d’Action Sociale des Écuries de Courses). Organisation de référence dans le milieu, l’AFASEC est chargée de la formation aux métiers des courses hippiques (galop et trot), de l’action sociale et du conseil dans le secteur. L’événement a permis à l’AFASEC de présenter ses campus, ses formations, ses missions d’accompagnement et ses perspectives aux citadins curieux : un pont entre l’univers urbain et les chemins des haras. 

Le campus de Boissy‑Saint‑Léger au Domaine de Grosbois, en particulier, a été mis en avant comme point d’ancrage pour la formation hippique régionale : l’AFASEC y propose des formations pour devenir palefrenier, cavalier d’entraînement, ou encore en gestion d’entreprise hippique

En donnant de la visibilité à ses écoles, l’AFASEC a pu capter l’attention d’adolescents, de parents, de personnes en reconversion, illustrant que la filière n’est pas réservée à une élite, mais accessible à ceux qui veulent s’y investir.

Équidia : le média présent pour relier l’univers au grand public

La participation d’Équidia comme partenaire médiatique a permis de donner du relief à l’événement, en soulignant la diffusion, la médiatisation et la cartographie du récit hippique pour un public urbain. Tout a été mis en œuvre pour que le lien entre le spectateur « néophyte » et le monde des courses soit facilité.

Chevaux et animations équestres place de la Concorde à Paris lors de l’événement France Galop Chevaux dans la Ville | Pégase Daily

Vers une déclinaison territoriale ?

« Les Chevaux dans la ville » ne devrait pas rester un one-shot parisien. Plusieurs sources évoquent l’idée d’une déclinaison future dans d’autres villes, comme Deauville ou Chantilly, pour prolonger cette stratégie de décentralisation et d’appropriation locale

Pour France Galop, le défi sera de maintenir cet élan : transformer la curiosité en rendez-vous réguliers sur les hippodromes, fidéliser ce public urbain sensible à l’expérience et aux émotions, même en dehors des grands salons ou événements équestres. Le succès de cette édition parisienne des Chevaux dans la Ville n’est pas un coup isolé. Il s’inscrit dans une stratégie de long terme que France Galop a d’ores et déjà déploié sous d’autres formes, notamment avec les Jeudis de ParisLongchamp.

Organisés en saison sur l’hippodrome de ParisLongchamp, ces rendez-vous hebdomadaires mêlent courses en semi-nocturnemusique livestreet food, et une ambiance conviviale pensée pour un public jeune, urbain et néophyte.
L’objectif est le même : dépoussiérer l’image des courses, les rendre accessibles, festives, et attractives pour une audience en quête d’expériences nouvelles.

Chevaux et animations équestres place de la Concorde à Paris lors de l’événement France Galop Chevaux dans la Ville | Pégase Daily

Pousser la porte des hippodromes

Quand Paris devient hippodrome, c’est tout un pari que France Galop joue, celui de construire une pépinière de publics, de relier l’urbain à l’écurie, et de rappeler que la course hippique est un spectacle vivant, sensoriel, riche d’histoires humaines.

Si plus de 35 000 personnes ont franchi les barrières de la Concorde ce premier week-end de septembre, c’est peut-être la promesse qu’un nouveau public, plus urbain, se laissera tenter, pas à pas, jusqu’à visiter un hippodrome. C’est maintenant aux acteurs (France Galop, AFASEC, associations de reconversion comme Au-delà des Pistes, médias comme Équidia) de construire une passerelle durable entre la ville et les pistes.

Crédits photos : Florian Léger et Valentin Desbriel/SCOOPDYGA.

À lire également :

, , ,

Laisser un commentaire