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Carrière – Grégory Bodo : De la Passion Équestre à la Conception des Pistes Olympiques

À l’aube des Jeux Olympiques de Paris 2024, Grégory Bodo, chef de piste renommé, partage son parcours unique et sa vision du métier. Depuis ses débuts à l’âge de 14 ans, aidant les chefs de piste de son centre équestre local jusqu’à atteindre les sommets du circuit international, Grégory Bodo incarne le dévouement et l’expertise. Dans cette interview, il nous dévoile les défis et les satisfactions de son rôle, et se prépare à vivre l’apothéose de sa carrière en dirigeant la piste du Jumping des prochains Jeux Olympiques de Paris 2024. 

Vous rêviez de faire quel métier quand vous étiez enfant ?

C’est une bonne question. Comme tout enfant, j’avais une multitude de métiers en tête selon l’âge, mais aucun n’était lié à ce que je fais aujourd’hui dans le domaine de la conception de pistes équestres.

Comment êtes-vous arrivé à ce métier de chef de piste ? Est-ce que c’était juste une découverte en concours ?

C’est bien plus complexe que cela. Nous sommes des metteurs en scène, travaillant souvent en coulisses, même si aujourd’hui, nous sommes de plus en plus sous les projecteurs. Cette passion m’anime depuis tout petit. J’ai eu la chance d’habiter près d’un centre équestre et d’avoir des propriétaires de chevaux dans ma famille. À 14 ans, j’ai commencé à aider les chefs de piste. Depuis, cette passion ne m’a jamais quitté. J’ai suivi un cursus de formation qui m’a permis d’atteindre aujourd’hui le plus haut niveau international.

Qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile à apprendre pour devenir chef de piste ?

Il y a beaucoup de critères à prendre en compte. Il y a les paramètres techniques liés à la construction de la piste, la sécurité du cavalier et du cheval, leur bien-être, et le spectacle. Nous portons une grande responsabilité, surtout pour les épreuves importantes comme les Grand Prix ou les épreuves qualificatives majeures. Il faut aussi être serein, garder son sang-froid, être un homme de cheval et rester fidèle à ses convictions.

L’année prochaine, vous serez en charge de la piste du CSO des JO de Paris avec un autre chef de piste. Était-ce votre rêve de créer une piste pour les JO ?

Je ne dirais pas que c’était un rêve, mais c’est vraiment l’apothéose de pouvoir diriger un grand événement international comme un championnat du monde, une finale de coupe du monde, ou un championnat d’Europe. Que ce soit Paris 2024, c’est un honneur inespéré. Plus j’avançais, plus j’espérais. J’étais soutenu par une bonne partie de la corporation de notre filière et aujourd’hui c’est une vraie satisfaction, une fierté.

Quand on monte la piste des Jeux Olympiques, quel est le prochain objectif ?

Je pense être au milieu de ma carrière, donc je ne vais pas dire que les JO sont le sommet de ma carrière. Je pense que c’est un tremplin pour le reste. J’espère continuer encore une vingtaine d’années dans ce milieu et relever de nouveaux défis, comme d’autres championnats à venir. Seul l’avenir nous le dira. Cette perspective me permet de rester motivé et stimulé.

Comment pensez-vous qu’on peut encore innover dans la création de parcours de saut d’obstacles ?

Pour moi, l’innovation ne réside pas tant dans la nouveauté radicale que dans les détails qui vont donner une nature différente à un parcours. Cela permet de vous distinguer comme chef de piste. La manière dont vous mettez en scène vos obstacles et la philosophie que vous souhaitez transmettre à travers votre parcours sont cruciales. J’ai toujours prôné les parcours galopants, ouverts, qui laissent les chevaux galoper naturellement. Les parcours modernes doivent poser une problématique aux cavaliers, les amener à résoudre une équation, permettre au cavalier de réfléchir. Si le cavalier réussit, cela montre un pilotage parfait du cavalier avec une monture adaptée à l’épreuve en cours. Les erreurs doivent être légères et naturelles, reflétant une faute de jugement ou de pilotage ou qu’il a mal reconstruit l’équilibre de son cheval, etc, ça ce sont des bonnes fautes. C’est là que le travail de chef de piste est bien fait.

Si vous aviez carte blanche pour créer vos propres règles, que feriez-vous ?

C’est la particularité de notre métier : nous avons déjà carte blanche. La construction d’un parcours de saut d’obstacles est liée à notre imagination. Bien sûr, nous devons respecter les règles de la Fédération Équestre Internationale, comme la hauteur des obstacles et leur nombre. Mais pour le reste, nous faisons ce que nous voulons. C’est ce qui rend ce travail passionnant !

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